La République Démocratique du Congo est souvent qualifiée de « scandale géologique », une expression qui souligne le paradoxe entre ses richesses souterraines avérées et leur exploitation encore limitée. Parmi ces trésors, le bassin sédimentaire de la Cuvette Centrale représente l'un des plus grands espoirs énergétiques du pays. Pourtant, depuis les premiers forages des années 1950 jusqu'aux campagnes des décennies 1970-1980, aucun succès commercial n'est venu concrétiser cette promesse. Les forages de Samba, Gilson, Mbandaka et Dekese sont restés muets sur la présence d'hydrocarbures en quantités exploitables.
Cette absence de découverte majeure interroge : le bassin est-il stérile, ou les méthodes d'exploration étaient-elles inadaptées à sa complexité géologique ? C'est à ce défi que le présent ouvrage entend répondre. Issu d'une thèse approfondie, il ne se contente pas de compiler les données existantes sur le sous-bassin de Lokoro, mais en propose une réévaluation critique et novatrice. Notre postulat : la clé réside moins dans l'acquisition de nouvelles données que dans une interprétation plus fine et techniquement plus avancée de celles déjà disponibles. Les méthodes géophysiques – gravimétrie, magnétométrie et sismique – jouent ici un rôle central. Par l'application de techniques avancées comme la déconvolution d'Euler, ce travail révèle une architecture souterraine insoupçonnée.
La cartographie des structures potentielles, corrélées avec les profils sismiques existants, ouvre des perspectives nouvelles sur le potentiel pétrolier du Lokoro et offre des cibles prioritaires pour de futures campagnes de forage. Cet ouvrage s'adresse ainsi aux décideurs politiques, aux investisseurs internationaux et à la communauté scientifique, avec l'ambition de transformer le « scandale géologique » en « bassin d'opportunités » par l'innovation méthodologique.